Jeudi Noir dans la nébuleuse d’une nouvelle gauche : Une nouvelle forme de militantisme?

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Le logement est un problème fondamental de la ville de Paris et des autres grandes villes du monde. L’indice du prix au logement, par rapport au revenu, a augmenté de 247 % entre 2000 et 2013[1]. Cette à cela que s’intéresse le collectif Jeudi Noir. Celui-ci est un collectif de jeunes qui chercha à se faire entendre dans la sphère médiatique. Créer en 2006 par des membres du collectif génération précaire, le groupe collectif de «jeunes galériens» du logement, est actif depuis 2006. Tout le monde peut y entrer, la simple question est d’y avoir de l’intérêt, de pouvoir s’y amuser. À leur manière, ils utilisent un activisme comique pour faire passer le message du problème du logement à leur groupe spécifique : les jeunes étudiants de France. Presque l’unanimité des actions se situe intra-muros, dans des agences de location immobilières, des visites d’appartements dans de grands et beaux immeubles. Leur but est de passer dans les médias pour ensuite avoir des répercussions dans l’opinion publique. Ils ne s’en cachent pas : le squat et les actions visent à créer un «buzz». Ainsi, le talent de certain est mis de l’avant et le savoir militant Jeudi Noir se trouve dans la connaissance des lois contre les squats, de la situation immobilière en France et bien sûr de savoir résumer le discours, être capable de bien passer dans les trente secondes de temps d’antenne. La base d’irréductibles de Jeudi Noir sont des individus hautement scolarisés, de classes sociales moyennes ou élevées. Le groupe se compose d’environ une vingtaine de membres actifs, bien que l’on peut en retrouvé plus d’une cinquantaine qui s’y agglomère[2].

Depuis ces débuts, on voit que ces membres fondateurs continuent à y jouer un rôle, bien que ne «résidant» plus dans les squats. Après avoir été les jeunes nouveaux et candides, ceux-ci s’appuient sur leur savoir. On s’est en effet rapproché de la fondation Abbé Pierre, la spécialiste des questions du logement. Comme le suggère une autre sociologue, l’entresoi est plutôt une évidence : malgré les différentes périodes, ceux qui restent impliqués sont les mieux nantis. De plus, la parole fut souvent celle des porte-paroles officieux, deux hommes sortant de Science Pô. Ainsi, une grande distinction entre le discours et les actes : y a-t-il véritablement une égalité?

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La question de l’égalité et inégalité de genre : qu’en pensent les Sourds ? – Lavigne-Matsuoka Emi

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Introduction

Ce travail s’intéresse à la question de l’égalité et l’inégalité entre hommes et femmes. Cette question s’inscrit dans celle plus générale de l’indignation ou de la révolte sociale dans les années 2010, de la lutte contre les inégalités et les injustices sociales. Plus précisément, je vais m’intéresser à la question de l’égalité et de l’inégalité entre les hommes et les femmes dans la population sourde. Comment les Sourds perçoivent-ils cette question, en parlent-ils et comment ?

Mon questionnement vient de plusieurs faits : 1) la question de l’égalité entre Homme et Femme et de la lutte contre les inégalités de genre est une question sociale et politique particulièrement d’actualité et faisant vive controverse ; 2) la population sourde est un groupe social en tant que « handicapé » particulièrement touché par les inégalités sociales ; 3) les Sourds, sont parmi les handicapés, un groupe qui historiquement s’est identifié et constitué en tant que groupe minoritaire militant contre les inégalités de traitement social dont il a fait l’objet par rapport aux majoritaires entendants ; 4) les résultats d’une première enquête que j’ai menée au 1er semestre font apparaître aujourd’hui, en 2014, chez les sourds, l’expression d’un fort sentiment d’indignation et de révolte face aux inégalités et aux injustices sociales. Compte tenu de ces faits, il apparaît particulièrement intéressant d’analyser la façon dont les Sourds vont parler de l’inégalité et de l’inégalité entre les Hommes et les Femmes.

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La lutte antipub : un carrefour de nouveaux mouvements sociaux – Valentin Heinrich, Anatole Boutant, Victor Blanc

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Résumé:

 

Cet article a pour objectif de montrer que la contestation sociale envers la publicité se présente sous plusieurs facettes. Formulant des critiques à différents degrés d’analyse, tous les membres ne semblent pas se révolter face au même problème, ce qui constitue en grande partie la spécificité de ce mouvement hétérogène et en apparence désorganisé. Les méthodes utilisées pour affronter la publicité sont peu à peu récupérées par d’autres mouvements contestataires défendant des causes diverses, ayant pour effet de décupler les horizons des groupes anti-pub.

 

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Inégalités d’accès et ségrégation politique : Internet ne garantie pas l’égalité citoyenne – Laurène BERON, Victor COUTOLLEAU, Fannie DAUPHANT, Julie PERTUISET

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Graphe 1 : réseau simplifié et classifié des différents moyens d’expression sur Internet

1Réseau social entendu au sens large : c’est-à-dire n’importe quel support où l’internaute échange avec d’autres (Facebook, sites de journaux où les individus peuvent laisser des commentaires, …)

2Entendu au sens d’engagement important, exprimant un sentiment fort, tourné vers la racine du problème, et peut-être dimension collective.

3 Entendu avec un moindre degré d’implication, une intensité faible, tournée vers une situation en général, et peut-être une dimension plus individuelle.

 
« La révolution digitale est une révolution communicationnelle qui transforme la société. La nouvelle technologie exige une nouvelle politique. La Toile transforme le monde en notre sphère d’influence. Grace à la technologie nous acquérons la connaissance et la liberté pour agir.[1] »

Face à la perte de confiance envers le monde de la politique se caractérisant par le fait que 54% des Français ne font plus confiance aux partis traditionnels, Internet peut sembler, au premier abord, comme une alternative idéale aux moyens d’expression traditionnels. Véritable lieu d’expression libre, le média Internet apporterait une possibilité inédite de réconciliation entre la démocratie et son citoyen. En effet, la diffusion rapide et massive d’internet à la plupart des ménages français transformerait l’individu en « E-citoyen », capable en quelques clics d’accéder à de multiples sources d’informations sur ces sujets variés, aussi bien scientifiques et factuels que politiques. Permettant une prise de contact quasi-instantanée, la révolution digitale faciliterait grandement la rencontre entre les agents sociaux, en témoignent le nombre de pétitions circulants sur la toile, les forums se présentant comme des lieux de débat public. Rares sont les associations ne possédant pas une passerelle d’information sur le Web, permettant ainsi à chacun de prendre connaissance des textes bruts sans passer par des intermédiaires susceptibles de fausser son jugement. Internet apparait également comme le lieu où chacun peut entendre et se faire entendre, où l’individu, devenu anonyme parmi les anonymes, serait protégé des pressions sociales, atteignant ainsi un degré de liberté lui permettant de s’exprimer de manière sincère avec des individus qu’il n’aurait probablement pas rencontré par d’autres moyens. Lieu de libre expression mais aussi vecteur de rassemblement, Internet permettrait la prise de conscience d’une unité opinion pouvant grandement faciliter les actions collectives.

Dès lors il semblerait qu’Internet pourrait être, en plus d’un vecteur de reconstruction de la citoyenneté, une solution qui parviendrait à surmonter les lacunes des systèmes démocratiques, en garantissant une égale participation des agents sociaux. Cependant, il est temps de confronter cet optimisme avec des travaux de nature sociologique, afin de voir si Internet correspond bien à cette description. Les enjeux de cette question sont d’importance : en effet, si Internet conservait les inégalités, voire les accentuait, il se mettrait alors en place une légitimation abusive des inégalités de fait.

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La Grande Europe et le refus de ses cadets – Jean-Philippe Culot, Clément Cardon

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L’Union Européenne évoque, par son nom, la résolution de l’ensemble des problèmes engendrés au cours du XXème siècle. Elle promettait à l’origine une union des nations européennes afin de créer un marché concurrentiel et une meilleure entente entre des pays autrefois ennemis. Sur le plan idéologique l’idée est plaisante, pourtant de nos jours elle doit se confronter à de nombreux détracteurs. Récemment, Henri Guaino et Laurent Wauquiez (députés UMP) ont publié un communiqué faisant part de leur mécontentement à l’égard de l’UE ainsi que de leur volonté de la réformer. La contestation n’est dès lors plus négligeable d’autant plus lorsqu’elle provient de ceux qui ont soutenu la cause de l’UE sous le gouvernement Sarkozy. Les parlementaires offrent ainsi à un courant de protestation, qui se fait de plus en plus ressentir, de nouveaux outils pour justifier son euroscepticisme. Pourtant, il n’a jamais été question pour les français d’attendre une confirmation des acteurs du gouvernement pour s’opposer à l’UE. De fait, ce changement de position s’inscrit au sein d’un courant général d’indignation des français.

Effectivement il semble que, depuis les années 2010, peut-être en raison de la crise financière de 2008, la population française oscille constamment entre réactions protestataires et révoltes. Les médias diffusent une atmosphère presque « apocalyptique » en vu des conjonctures actuelles. Que ce soit dans le domaine économique, écologique, politique, ou encore dans l’espace religieux, la France paraît avoir atteint un stade critique de son développement. La lutte contre l’injustice semble omniprésente aujourd’hui, le cri à l’outrage est quotidien. Plus spécifiquement pour la France : quel est le sens de ces mouvements sociaux ? Pourquoi les français s’indignent ou se révoltent ?

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Lutter contre l’islamophobie – An Binh Tran, Théo Patros, Wilfried Leblond

« L’attitude la plus ancienne et qui repose  sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu’elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelle, morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont le plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. « habitudes de sauvages », « cela n’est pas de chez nous », « on ne devrait pas permettre cela », etc., autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion, en présence de manières de vivre, de croire, ou de penser qui nous sont étrangères »

(Claude Lévi-Strauss, Race et Histoire, 1952)

Dans le cadre d’un travail de recherche dont le thème est « s’indigner ou se révolter en France face à l’injustice, nous avons décidé de travailler sur le sujet de l’islamophobie que l’on définira comme la peur, ou la vision péjorative de l’islam, des musulmans, et des questions en rapport, pouvant conduire à des actes discriminatoires. Nous montrerons qu’il y a bien en France une hostilité manifeste envers la communauté musulmane. L’enjeu de notre sujet est crucial dans un pays qui compte plus de 4 millions de musulmans, soit environ 8 % de la population selon une étude de l’INED (Institut National d’Étude Démographique1).Depuis environ un demi-siècle, de nombreux immigrants de confession musulmane sont arrivés en France, surtout après la décolonisation de l’Algérie. Immigration voulue et décidée par les autorités politiques pour des raisons économiques. En vertu du droit du sol, les enfants de ces immigrés sont devenus des citoyens français à part entière. Malgré cela, leur intégration (acceptation?) est restée difficile.L’enjeu de cette question est donc majeur.

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La mobilisation silencieuses des pères – Lucas Veyne, Thomas De la Taille

L’indignation suscitée par l’épisode de la Grue Jaune à Nantes le 18 février 2013 a entrouvert aux pères privés de leur(s) enfant(s) la tribune médiatique. Serge Charnay et Nicolas Moreno, deux pères divorcés sont restés deux jours, chacun au sommet d’une grue pour dénoncer les conditions invivables pour les pères n’ayant pas obtenu la garde alternée au moment du divorce. Le mouvement s’est ensuite étendu dans d’autres villes, où des pères ont reproduits ces actes extrêmes d’isolement au sommet de bâtiments ou monuments, comme sur la cathédrale de Chartres. L’action de ces deux hommes a eu un impact national. Ce fut une médiatisation inattendue et favorable pour l’ensemble des mouvements de défense des droits de pères, alors même que l’histoire personnelle de ce père, Serge Charnay allait à l’encontre des valeurs et comportements soutenus par ces associations. Ayant obtenu un partage du temps de garde, il ne l’a pas rendu à sa mère le mois suivant. On lui a retiré à nouveau et il a été de nouveau condamné à quatre mois de prison. Les conséquences ont été positives collectivement pour les pères en créant une prise de conscience nationale, malgré la triste fin de l’événement au niveau individuelle pour ce père. Les sondages réalisés alors par les médias révélèrent que 8 à 9 français sur 10 estiment que les pères sont défavorisés en justice, précisément sur le partage de la garde. Un collectif s’est crée à Nantes sous l’impulsion d’associations familiales et parentales déjà existantes. Ces groupes se sont rassemblés pour former «La Grue Jaune». L’acte révolté s’est traduit par une multiplication des groupes de protestations et des «sitting perchés».

Ayant été confrontés à des cas de divorce difficile et de dispute pour les enfants, nous avons été évidemment concernés par ce sujet. Nous avons choisi d’étudier l’autre grande association de défense des pères, la première en nombre d’adhérents, SOS Papa bien entendu. Ce n’est qu’à travers la fréquentation et l’observation des groupes associatifs «officiels» que le sociologue peut espérer saisir la réalité d’une protestation sociale. L’entretien avec les individus demeure un élément essentiel pour comprendre les situations qui motivent leur combat. Ces échanges constituent une source indispensable pour la connaissance de cette réalité et de cette perception auxquelles nous n’accéderons jamais. Nous ne pouvons ressentir, même avec une très grande volonté de la manière avec laquelle les individus ont vécus ces événements. Tout notre travail est de reconstituer le fond d’expérience et de contact avec la justice qu’on connu les pères. Il s’agit précisément d’établir un contexte social et historique afin de permettre une juste compréhension du phénomène, et non une interprétation rapide parce que soutenue par des concepts généraux.

Que ce fond soit commun ou non, qu’il soit un contexte social homogène, cela apparaîtra distinctement ou non au terme de notre recherche. Nous devons avant toute chose rentrer dans la complexité du phénomène par les acteurs en demande, ceux qui s’élèvent et s’indignent face à une situation d’injustice. Les pères divorcés ou séparés réclament un droit de visite plus élargi, mais surtout la possibilité de participer, au même titre que la mère, à l’éducation de leur(s) enfant(s). Ils ciblent la justice et la véritable défaillance des lois sur la garde alternée. Si les pères s’insurgent contre une justice défaillante, nous pouvons supposer que les décisions défavorables que ces derniers subissent proviennent de l’homogénéité sociale et intellectuelle des juges aux affaires familiales. La structure familiale moderne émancipée joue également dans cette nouvelle forme de jugement du divorce. Les modes de relations contemporains tels qu’ils sont décrits par les tenants des institutions médicales et cliniques influencent de fait la manière d’aborder un conflit familial et la manière de le trancher. Sans doute, en dernière instance cette inégalité fut délibérément mise en place, au nom de l’intérêt, par «principe de précaution».

L’enquête se profile par conséquent dans plusieurs directions. Il convient avant tout de considérer la réalité numérique du phénomène. L’inégalité provient de critères moraux et de valeurs immatérielles, mais elle se traduit surtout dans la réalité physique que nous éprouvons. Ce n’est qu’à partir de la perception consciente qu’une protestation cohérente et réfléchie peut s’envisager. Après l’analyse des données, l’horizon sociale des situations particulières se dessine. Nous pouvons y reconnaître une incidence éphémère ou à l’inverse une tendance générale. Si la disproportion est flagrante, alors l’enquête ne peut plus se limiter seulement à une constatation de faits remarquables, mais devient une investigation approfondie sur les causes de ce déséquilibre. L’inégalité des pères dans la répartition des gardes exclusives, et dans la mise en place d’un planning de visite devient une problématique sociale dès lors que les individus la subissant la dénoncent et font apparaître sa réalité quotidienne au reste du monde social qui l’ignorait.

 

LA FAMILLE MODERNE

 

Il y a eu en 2012 128 371 divorces, le nombre de recours pour la garde de l’enfant s’est élevé à 164 147. Les conflits entre les parents ne concernent pas le seul divorce. Les parents «pacsés» ou en concubinage ont aussi des enfants dont ils se préoccupent tout autant. Pourtant les obtentions de gardes exclusives ou alternées dans le cadre d’un désaccord doivent être relevées, les chiffres de répartition de la garde dans une séparation à l’amiable seront significatifs à un autre moment. La grande majorité des divorces conflictuels se soldent par une garde monoparentale, avec un avantage prononcé pour la mère.

Lorsque la mère demande une résidence alternée et le père une résidence chez lui35, le juge

prononce une résidence alternée pour 40% des enfants, une résidence chez le père pour 60%.

Au total, dans les situations de désaccord, les juges fixent à l’égard des enfants leur résidence:

-pour 63% d’entre eux chez la mère (pour 71% en cas d’accord) ;

-pour 24% d’entre eux chez le père (pour 10% en cas d’accord) ;

-pour 12% : la résidence alternée (pour 19% en cas d’accord).

 

En matière de résidence des enfants séparés, la structure globale des décisions prises par les juges reflète principalement le choix établi par les parents en accord :

-71% de résidence chez la mère ;

-17% de residnce alternee;

-12% de residence chez le pere.[1]

 

Bien que les chiffres dans les cas d’accord soient significatifs d’un certain désengagement paternel qui ont tendance a laisse a la mère le soin des enfants, cela semble se répercuter sur les demandes actives des pères de voir leur enfants. Cette inégalité remarquable représente la cible vers laquelle convergent tous les discours de SOS Papa. Pour comprendre leur mode d’action et la difficulté de leur position, un petit détour historique s’impose.

 

Les difficultés rencontrées par les pères d’aujourd’hui et de SOS Papa pour obtenir la garde de leur enfants proviennent de changements sociaux et juridiques, et notamment de la structure de la famille. Les rôles respectifs des pères et des mères ont évolué au même rythme que l’émancipation des membres de la famille nucléaire traditionnelle. En effet, avant la seconde moitié du XIXème siècle, on attribue à la mère le soin et l’éducation de l’enfant. Pourtant c’est le père qui assure l’intégration des valeurs et des comportements par son autorité. La punition est paternelle avant tout, et nous nous figurons toujours la scène canonique des enfants blottis contre leur mère pour échapper au fouet du père. La mère est attachée au foyer et aux enfants, le père l’est au travail et au maintient financier de la famille. Les besoins nutritifs et sécuritaires appartiennent au père, les tâches ménagères d’entretien et de surveillance des enfants reviennent à la mère. Bien que la relation des enfants avec leur père semble distante, à leur entrée dans la majorité le père devient un appuis très fort. Ce n’est qu’à partir de l’accord du père et de ses relations que notre intégration sociale s’envisage.

Or, depuis le début des années 40-50 s’opèrent des changements sociaux évidents. La relation homme-femme est bousculée par leur accession au suffrage universel (dès 1918 en Grande Bretagne, 1920 pour les États-Unis réservé aux femmes blanches, 1944 en France), par l’ouverture de leur possibilités de métiers, avant limités à la couture, l’entretien des intérieurs, le service domestique et la prostitution. Dès lors, l’homme n’est plus le seul soutien financier de sa famille. De plus, par la scolarisation croissante des filles, ces dernières viennent lui disputer son autorité morale. De grandes figures telles que Simone Weil, Simone de Beauvoir et Betty Friedan ont porté le discours féministe et renforcé son écho. Ainsi, grâce au double mouvement d’éducation et de politisation, les femmes ont-elles gagné la reconnaissance simultanée de leur capacités propres et des qualités jusqu’alors réservées aux hommes. Les femmes prennent un rôle de plus en plus important dans la vie professionnelle, il leur est possible d’accéder à des postes de direction et à une rémunération élevée. Elles acquièrent la même légitimité que leur mari pour décider de l’avenir de leur enfant grâce à leur indépendance financière et juridique (fin du régime matrimonial de 1804 qui plaçait les femmes sous l’autorité de leur mari en 1964). Et cette indépendance de la femme à l’égard de son mari est corrélée dès le début des années 70 avec une demande de plus en plus forte de divorces. La structure familiale ne peut que se dissoudre sous l’autonomisation sociale et légale de chaque membre. Les pères actuels louent les progrès qui ont été faits, mais déplorent toutefois que cette libération se soit faite au détriment des hommes. Car l’image du père selon eux a beaucoup pâti de cette caractérisation de l’homme en mâle, figure autoritaire et toujours potentiellement.

Cette rupture avec le modèle familial antérieur, par l’émancipation de la femme a été aussi encouragé par le développement massif de la psychologie et de la psychanalyse. Le développement de la psychiatrie et des études cliniques sur les conséquences désastreuses d’une perturbation du couple mère-nourrisson participe à l’éjection du père du duo originel. Ce dernier prime sur toute autre lien d’affectivité. Des livres entiers de spécialistes ont paru sur le caractère inépuisable de la tendresse maternelle, et sur l’irrationalité de l’instinct maternel, donc de son innocence naturelle et débonnaire. Donald W. Winnicott qui énonçait la « préoccupation maternelle primaire », le fait que les mères par nature sont plus douées pour l’éducation de leur enfant[2]. Les conclusions de ces observations érigent la mère en source de l’amour et du bonheur pour tous les individus. Le présupposé admis de tous ces chercheurs, c’est que nous nous référons toujours à l’insouciance de notre petite enfance comme à un âge d’or. Plus le lien que nous avions avec notre mère était puissant, plus notre équilibre psychologique et notre bonne socialisation seront assurés. Le père peut revêtir pour certains non une menace, mais un élément perturbateur qui vient décentrer l’enfant de sa mère, ou la mère de son enfant. Les frustrations et privations affectives que connaît le père sont à prendre en compte, cependant elles sont nécessaires pour le bien-être de l’enfant.

Le caractère «scientifique» et donc irréprochable de ces affirmations sur la supériorité du lien materne fut intégré progressivement à l’appareil d’investigation judiciaire. La richesse de documentation médicale, les innombrables cas traités et observés ont acquis une valeur de preuve. Une photographie, un enregistrement sonore ou visuel constituent des faits toujours plus «objectifs» que des témoignages individuels modifiés par les intérêts ou les liens affectifs. De cette manière, lors d’un divorce, la seule attention du JAF (le juge des affaires familiales) concerne l’intérêt de l’enfant, mettre en place la meilleure stratégie pour que la séparation de ses parents soit la moins néfaste. Les pères partent désavantage par leur nature même. Leur masculinité devient lourd a porte puisqu’elle rime avec domination des enfants et soumission de la femme a son mari. Les associations telles que La Grue Jaune et SOS Papa se battent pour restaurer l’image du père et défendre une autre coparentalité, même lorsque les parents sont séparés ou remariés.

 

SE REMOTIVER

 

SOS Papa est une association créé en 1990 par Michel Thizon, Chevalier de la Légion d’Honneur. Le président actuel est Jean Latizeau. L’association se déploie dans toute la France, elle a crée au fur et à mesure .. antennes, et compte plus de 16 000 adhérents. L’antenne parisienne se situe au 84 Bd Garibaldi. Elle dispose d’un budget de 50 000 € dont le tiers passe dans la location du local. Elle a rejoint depuis 2004 l’UNAF (l’Union National des Associations Familiales). Leur qualité de médiation s’est accrue depuis que l’Académicienne Evelyne Sullerot est devenue marraine officielle. Auteure et l’une des premières féministes, qui a d’ailleurs été à l’origine de la création du Planning Familial, elle participe a la reconnaissance de cette injustice.

Nous avons assisté à une réunion le jeudi 27 mars dans les locaux parisiens de SOS Papa. Le local se situe au rez-de-chaussée d’un immeuble. Il comporte une seule grande pièce, placardée d’affiches d’actualité sur le sujet ou de photos, ainsi qu’un sous-sol où l’avocat ou le psychologue reçoivent les pères. La réunion est organisée en forme de ‘table ronde‘, et chaque père, par ordre d’arrivée, conte à son tour son histoire, commentée par instant par les organisateurs qui guident le discours. L’organisateur est un père, revenu de sa situation, qui connait parfaitement le sujet, son actualité, les rouages juridiques, et qui va situer le père par rapport aux différents éléments de sa situation personnelle. L’organisateur n’est pas seul, il y en a plusieurs qui permettent la multitude de points de vue, un échange plus vif, tout en respectant la parole. Aussi, l’un peut être plus incisif quand l’autre est plus compréhensif. Après que son histoire ait été « débriefée », le père, s’il est adhérent, après le versement de la cotisation annuelle de 130 €, peut rencontrer un avocat ou un psychologue; et revenir après autour de la table ronde. Nous sommes dubitatifs quand à la réelle portée de ce service et le suivi qu’il propose. En tout cas, à la vue des réactions que nous avons pu remarquer chez les pères revenant de cet entretien – lors de notre visite seul l’avocate était présente, nous constatons un enthousiasme et le sentiment que la situation est plus claire à leurs yeux. « Ce qui est important, c’est de pouvoir relativiser sa situation », nous confie Anatole. Ces tables rondes soulagent mutuellement les pères, témoignants tour à tour de leur cauchemar. « Quand t’écoutes l’histoire des autres, tu te dis : putain ! j’ai quand même de la chance. Parce que lui… »

Nous avons remarqué différents aspects du fonctionnement de SOS Papa et de leur positionnement, dont nous donnons un bref aperçu ici, avant de le détailler par la suite. Premièrement, les pères arrivant sous-estiment leur droit de garde, et minimisent leurs revendications naturellement, comme s’il s’avouaient déjà vaincus. Ce qui est compréhensible tant les mesures que mettent en places certains verdicts peuvent être absurdes : droit de visite de quatre jours par mois, par exemple. Les organisateurs de SOS Papa poussent les pères à revendiquer ces droits de garde, allant même, quand la situation ne permet pas la résidence alternée, à leur faire prendre conscience qu’ils sont légitimes de demander la garde exclusive de leur enfant.    Deuxièmement, SOS papa n’a pas l’aspect d’un mouvement communautaire, qui se regrouperait avec toujours les mêmes membres. Le passage d’un père est provisoire. Il vient exposer sa situation et recevoir un bilan de ce qu’il faut faire. Très peu de pères souhaitent vivre et discuter de leur situation. Leur situation éclaircie, ils repartent et reviendront une fois ou deux seulement, voire jamais. Rare sont ceux qui trouvent le temps et la motivation pour devenir animateurs, alors que leur procès est dépassé, et que leur situation personnelle stagne. Cependant, à part ces quelques informations que nous avons appris par nos entretiens, nous n’avons pas pu connaitre précisément qui sont ces pères-organisateurs.

Troisièmement, d’un point de vue plus général, l’association se caractérise par un mode d’action associatif différent. Nous qualifions cette association de ‘discrète’ dans le sens où elle procède par la voie légale pour faire parvenir ses revendications par le biais de lettres aux députés, des 17 propositions présentées sur leur site. L’association ne revendique aucune manifestation, souvent des actions spontanées et particulières, comme le cas de la grue jaune. D’après ce que nous avons pu comprendre, il y a eu très peu, trop peu, de retours qui permettraient de changer cette situation du point de vue juridique.

La difficulté face à laquelle se trouve SOS Papa est celle-ci : on sait que la plupart des sujets qui sont étudiés au gouvernement le sont précipitamment lorsque ce dernier subit la pression des médias. Or, SOS Papa comme nous l’avons dit refuse ce genre de démonstration. Ici, se situe le point crucial de notre étude. En effet, la mobilisation collective et médiatisée ne semble pas fonctionner selon eux, car ils ne l’emploient pas, et la mobilisation interne, sans médium, en s’adressant directement aux institutions en cause ou aux acteurs qui pourraient agir, ne donne aussi aucun résultat. Comment faire alors entendre son propos ? Nous pouvons seulement dire qu’aux vues de ces différents éléments, on observe non pas une mobilisation générale mais une sensibilisation particulière. L’action de SOS Papa semble se reposer principalement là-dessus.

 

ORGANISER SA DÉFENSE

 

SOS Papa voit arriver chaque jour des pères qui préfèrent mettre de côté leur vie d’avant, plutôt que de souffrir dans un combat dont ils ne connaissent même pas les codes. Ayant peu de confiance en leur chance face à la justice, ils préfèrent se résigner plutôt que d’affronter un système juridique défaillant et préférentiel, valorisant le parent féminin. Les animateurs des tables rondes leurs répondent à l’inverse par la re-motivation, la re-mobilisation. Il faut reprendre son dossier. A chaque table ronde, ils martèlent incessamment qu’une bonne défense est envisageable, et qu’avoir un argumentaire clair et sensé assure l’obtention de ce que l’on demande.

Pourtant, la remise en forme du dossier et du discours, bien que rapidement réalisable, demande un effort lourd et soutenu de lucidité. Lucidité vis-a-vis de soi, de son état et lucidité sur ce qui arrivera si l’on ne réagit pas. L’impact du discours de SOS Papa se situe dans cette réactivité maitrisée. Une réaction forte que le père doit entretenir pour maintenir ses demandes et ne pas fléchir sous la pression. Ce discours pourrait se comprendre de la même manière que la phrase-coup de poing «Indignez-vous !». «Indignez-vous ! » « oui ! mais soyez actifs !». Il devient nécessaire et évident de connaître les mécanismes subtils de la justice et de la plaide d’une affaire. Le partage des situations de chacun lors des tables rondes tri-hebdomadaires, l’évocation des victoires comme des échecs constitue une source non négligeable de motivation dans la poursuite des démarches individuelles. Raffaelo, le responsable des tables rondes durant la période des vacances, nous évoquait les qualités de l’animateur, il doit «faire éclore les sentiments», il accompagne l’expression des passions violentes qui prennent parfois les pères lors de leur première visite. L’objectif avoué de ces échanges est un défoulement de ces sentiments de frustration et de haine d’une telle manière que ceux-ci ne constituent aucune menace pour les pères et leur famille. A l’inverse, au cour de cette « expiation » l’effet canalisant de cette éjection de la chape émotive libère et encourage la reprise des « hostilités ». Il s’agit ici d’un « combat », d’un recours civil, ou le « vainqueur », le parent, remporte la « bataille », la garde de l’enfant, s’il a su se doter des meilleures « armes », des meilleurs arguments et preuves. Les stratégies à adopter par conséquent, se placent entièrement à l’opposé de démarches violentes et d’actions coup de poing.

Structurer son propos constitue le moyen de défense le plus efficace parce qu’aisément atteignable et rapide à élaborer. En aucun cas le père ne doit se laisser aller aux regrets ou à la colère face au juge et aux avocats. Anatole nous raconte qu’il avait été prévenu par une amie qu’à présent et jusqu’au moment du divorce, il devait l’oublier et se préparer. «Nous on est encore dans la tendresse, alors qu’en face y en a plus» Pas de sentiments et être clairvoyant dans ce qui adviendra sont les maîtres-mots que les pères divorcés se répètent. La préparation de sa défense offre à la fois la possibilité de sortir du deuil de la relation et par la même occasion de s’ouvrir à de nouveaux partenaires.

Le meilleur moyen pour se mettre à l’abri des stratégies adverses et des «coup-bas», qui apparaissent toujours dans ces conflits intimes, tient dans la constitution d’un dossier solide. Les animateurs et les autres pères ayant déjà vécu ces situations insistent tous sur la cessation de toute compassion, de sentimentalisme résiduel, ou de conscience morale qui nous empêcherait de répertorier les agissements de notre ex conjointe, voire encore épouse, sur nos enfants. La constitution du dossier à partir de preuves et de documents pour assurer sa défense, ses droits. Réunir des photos, relever les appels, conserver les mails et les lettres échangées avec l’avocat, ainsi que la consignation de tous les évènements dans un calendrier impeccable sont les points forts d’une défense cohérente. Le second aspect capital d’un bon dossier, subsiste dans la connaissance de la loi et de ses droits. Il faut se plonger dans les textes de lois, les conditions précises de validation de chaque demande pour soutenir ses démarches. L’avantage d’une telle implication permet de construire un argumentaire. Surtout, la qualité de nos références nous met à l’abri des accusations mensongères et des faux documents utilisés par la partie adverse. La contre argumentation, textes de lois à l’appui a un grand effet devant un juge. La simple démonstration de l’impertinence de ce dont on est accusé, l’incompatibilité des faits et la contradiction des agissements, tant au niveau spatial que temporel invalide instantanément ces offensives. Bien plus encore, la situation tourne a l’avantage de celui qui est resté honnête et s’est contenté de démontrer, avec discernement et retenue, l’inexistence des actes reprochés.

Les articles 372 et 373, du code civil incarnent, non l’ultime recours à employer quand la situation s’annonce désespérée, mais bien au contraire ils doivent constituer la colonne vertébrale de notre défense. Le père affirme ainsi sa détermination et défait la représentation commune des pères non alarmés par le sort de leur enfant. Le point 373-2 énonce que « la séparation des parents est sans incidence sur les règles de dévolution de l’exercice de l’autorité parentale ». Le caractère universel de cette mesure devrait être invoquée à chaque fois par les pères subissant le retrait de leur enfants du foyer et de leur décision. L’article 372 du code civil qui établit de façon générale le partage de la parentalité entre le père et la mère donne un poids conséquent à la demande que le père formule face à un juge. Toutefois le bon déroulement objectif lors du face à face entre le juge et la partie adverse n’assure en rien que le verdict sera positif.

Le reste des conseils, après la constitution d’un discours solide, concernent la cohérence de nos demandes avec la réalité. Il incombe aux pères de se préparer à recevoir l’enfant, même si ce n’est pas acquis. Il doit posséder un logement capable de l’accueillir, une voiture s’il y a des déplacements à faire, une disponibilité au niveau des horaires aussi – difficulté supplémentaire, notamment dans le cas d’une situation professionnelle contraignante. SOS Papa dès la première présence à la table ronde cible les priorités pour le père selon ses propres demandes. Les démarches qu’il entreprend, s’il souhaite un jour leurs succès, posent impérativement le problème de la situation matérielle. Pour être en mesure de recevoir son enfant, le désir de parentalité et l’affection ne suffisent pas. A l’inverse, elles sont regardées en dernier lieu par le juge. Elles sont même susceptibles de causer tord au dossier, si l’état de nos finances et de nos disponibilités ne correspondent en aucun cas à ce que nous invoquons pour l’enfant. Cela serait la preuve de l’inconscience et l’inconséquence du père demandeur. Il est raisonnable de ne pas promettre l’impossible. En revanche toujours se tenir prêt à justifier en permanence notre situation et nos demandes, documents à l’appui, preuves de notre transparence.

 

S’ADAPTER OU SE RÉSIGNER

 

Pendant la réunion à laquelle nous avons assisté, les animateurs revenaient souvent sur ce point : les pères qui demandent la garde de leur enfant doivent se préparer à l’accueillir tant sur le plan financier que sur celui du logement et de la disponibilité horaire, afin d’avoir des chances de remporter le procès. Or, cette mise en disposition est compliquée, et aussi décourageante. Ce n’est pas comme si le juge disait : «Je ne vois pas de problème à ce qu’il y ait une garde alternée, en revanche il faut que vous puissiez accueillir l’enfant. Dès que vous serez disposé à le recevoir, nous mettrons en place la garde alternée». Au contraire, si le père ne peut pas accueillir l’enfant, alors la garde est accordée à la mère. C’est donc le père qui doit s’adapter, et la mère possède un avantage certain. Pourquoi ne serait-ce pas à elle de justifier le refus d’une garde alternée ?

C’est la faille que soulève les députés Richard Maillié et Jean-Pierre Decool par rapport à la loi de 2002. «L’exposé des motifs relève de la faiblesse de l’usage de la résidence alternée, souligne que le dispositif de la loi de 2002 accorde une «prime au parent le plus réticent» et énumère les conséquences néfastes de l’absence d’un des parents sur le développement de l’enfant» L’idée de la proposition est que ce serait au parent qui s’oppose à la résidence alternée de justifier sa position»[3]. Cette loi n’a connu jusqu’à maintenant aucune suite.

Anatole ne sachant plus quoi faire abat ses ultimes cartes : il demande la garde exclusive de ses deux plus jeunes enfants de 3 et 6 ans, puisqu’une situation de garde alternée n’est pas envisageable. Mais ce recours devant le JAF est le dernier pour lui. Il en a déjà fait les frais et sa plus grande fille aussi : elle a 40 ans maintenant, et selon les propos d’Anatole, elle aurait avouée toujours croire pendant son enfance que son père était un ‘méchant’. Lui s’est battu pour obtenir la garde de l’enfant, même quelques visites, mais il admet lui même qu’il n’a pas pu élever sa fille sans sentir sur elle la pression d’une mère. D’après lui, l’enfant souffre de ne pas comprendre, et l’autre parent aussi (dans ce cas, le père).

Dans la procédure de divorce, il doit se battre contre sa femme, mais aussi contre une institution qu’il pense orientée, du moins injuste. C’est donc la deuxième fois que le scénario recommence, il est lucide quant à sa situation. Le jour de notre entretien, il attend la réponse de son procès qui doit arriver 3 semaines après. Il est très clair sur le sujet : quelque soit le résultat, il arrêtera de se battre, il n’a plus d’énergie et ne croit plus en la justice.

 

D’après Anatole, il faut «taper dans les points». C’est l’entretien avec le juge qui sera décisif pour le future de la relation à nos enfants. Au final, leur indignation et leur révolte ne peut être exprimée qu’en privé; face au juge une attitude courtoise est de rigueur. Les sentiments d’indignation et de révolte, les sentiments forts et les emportements, dans ce genre de situation sont tout sauf profitables aux sorts des pères.

Thomas De la Taille ; Lucas Veyne

Cours de méthode qualitative, année universitaire 2013/2014

[1]Ministère de la Justice : http://www.justice.gouv.fr/budget-et-statistiques-10054/les-divorces-25130.html p. 16

[2] Olivier NEYRAND,Le dialogue familial, “9 De l’incapacité présumée du père à s’occuper du bébé : la question de la résidence alternée du jeune enfant”, Erès, Toulouse, 2008.

[3] Marie VOGEL & Anne VERJUS, « Le(s) droit(s) des pères : des mobilisations pour une condition paternelle « choisie » ? », Informations sociales 2/ 2013 (n° 176), p. 100-108